Quand il y a tout à terre, à taire.
Juste pour voler quelques instants.
Lundi 10 mars 2008
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Dans le train, la poésie peut être contée. Proposée.
Dans le train, la poésie peut surprendre et délecter. Régaler.
Dans le train, des contes, de la poésie ordinaire, peuvent susciter des sourires, froncer un front, concentration qui se libèrera encore sur des sourires.
Ces mots peuvent aussi provoquer un mouvement en arrière du corps. Pour dire un contentement. Ou caler les rires. Ou asseoir ce qui ressemblerait à de l’admiration.
Pour dire que ces petites phrases, parfois douces, souvent drôles, bousculent tout. Que ces petits textes, l’air de rien, en disent long. Oui, le corps s'en laisse aussi conter.

 


undefinedDans le train, mon livre était passé dans les mains de ma voisine.
Ces Contes de la poésie ordinaire n’avaient à l’évidence, rien d’ordinaire, dans ces mains-là. Ni dans ces yeux.

« Et en plus, c’est vrai, hein ! »

Oui. En plus…







Contes de la poésie ordinaire, Éric Dejaeger

101 textes avec 30 illustrations originales de Joaquim Hock

Éditions Memor, Bruxelles, 2005 (64 pages)


par co errante publié dans : J'ai lu...
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Samedi 8 mars 2008

Je marche près d’elle et la regarde du coin de l’œil. Elle m’ignore. Son air est fermé. Elle ne me parlera pas. Même le regard jeté sur ceux qu’elle croise reste vague. Elle ne demandera rien, ne sollicitera rien. Elle trace un chemin, tout droit devant. Et on dirait nulle part.
Et moi, je suis à côté d’elle. Je suis. Ne bronche pas. Pas d’espace temps pour souffler. 

Pas la peine de. Pas de clé pour. Alors, autant presque fermer les yeux, pour avancer.
J’avance. Et je me dis que celle qui marche auprès de moi et me regarde du coin de l’œil, si je la regarde, je pourrais bien m’effondrer.

Alors, on avance. Elle et moi.


 


par co errante publié dans : Un peu, ici
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Samedi 8 mars 2008

 

Elle plisse les yeux, tasse la rage, ferme le cœur, fixe le clavier, écoute le son, tape tape tape, tap tap tap, elle écrit. Cherche les mots légers, ceux qui font la ronde, les mots de tout le monde, un monde qui devrait tourner comme un manège enchanté. Mais la musique se déglingue, elle a mal au cœur, qu’elle croyait verrouillé, elle veut descendre. Son cheval n’est pas blanc, est brinquebalant, le clavier s’est trompé, il fait tip tap top, tip tap.

 

Elle plisse encore plus les yeux, les doigts s’arrêtent, maîtrise du clavier recherché. Et si le mot léger, tête de file des autres, commençait par… au hasard… "d". Sous le "d" arrive danse. Ça va.  Puis démon. Inquiétude. Pas bon. Couper court. Mot débrouille. Effacer. Tic tic tic, tic tic.

 

Elle ferme les yeux. Maudit le clavier. Cherche nerveusement les mots qui font des phrases, qui font une histoire, une histoire qui ne coûte rien, une histoire à un seul sens, une histoire simple, simple comme bonjour. Bonjour ! Ca va ? Non, ça va pas… Réponse simple. Du tac au tac. Tactique.

 

Elle ouvre les yeux. Le clavier n’a aucun pouvoir sur les mots. Les touches l’attendent. Mais l’attendent au virage. Elle voulait juste aller tout droit. Conduite légère sous un ciel bleu. Mais le cœur n’y est pas. Il faut qu’elle y mette du sien. Les yeux plissés, elle l'interroge. Cœur battant. Toc, toc, toc, toc toc.

 

Voilà tout ce qui est dit. Et tu.

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Lundi 3 mars 2008

Dessin : Patrice Viguès

undefinedDans ce train, je me suis retrouvée parmi les morts-vivants, ceux qui taisent leurs pensées malades de vitesse, de bruit et de silence, je suis tombée dans un trou noir, dans la poussière des bouches et des âmes perdues, j’ai vu des corps flasques s’agripper à une barre de fer, dans des lueurs blafardes, les chairs sont tristes, les cœurs infectés, les visages boursouflés, les sexes sont fendus, les têtes roulent ici et là, discrètement emportées par d’incessantes et asphyxiantes marées humaines.

Une cinquantaine d’arrêts et neuf respirations plus tard, un trou noir, malgré tout, succombons, l’été, transparence, regard, attendions, accordéon, lui, je me suis dis qu’au fond, dans cet autre train, je n’étais pas seule. J’ai refermé le livre. Calme. Et plus riche. Merci pour la musique.



Extrait :

Le bonheur des limaces

 

Tous les matins en allant à Paris nous sommes attirés par un trou noir. Et nous sommes tous d’accord pour affirmer qu’aucune catastrophe n’explique l’écoulement de nos mémoires. Une fois parvenus au centre de la terre la vérité semble reculer. Nous ne sommes là que pour nous tenir en équilibre précaire. […]


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        Patrice Maltaverne (traction-brabant)

        Merci pour la musique

        Couverture Patrice Viguès

        Éditions associatives Gros textes, 2008





Vous pouvez commander Merci pour la musique (60 pages au format 13 x 21) auprès des éditions associatives Gros Textes, Fontfourane, 05380 Châteauroux-les-Alpes. 8 euros plus 2 euros de frais de port (port gratuit à partir de l'achat de deux exemplaires). Chèque à l’ordre de Gros Textes.

 

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Lundi 3 mars 2008

1ère heure :
1h. Un homme averti en vaut deux... ça, je devrais le savoir, depuis le temps que ma femme me le répète. Et le café, le soir, ça empêche de dormir. Et en plus, tu me réveilles... Ah ! Tu vas être en forme demain ! M’étonne pas que M. Demaille râle...

2ème heure :
2h. Si un aveugle en conduit un autre, ils tomberont tous les deux. Celui-ci, c’était le dicton préféré de ma mère. Je me le suis rappelé en me faufilant dans la nuit de la maison. Impression de n’être jamais comme il faut.

3ème heure :
3h. Affalé devant un verre d’eau, j’ai passé le temps en observant très minutieusement le moindre objet de la cuisine, la plus petite tache sur les murs aux motifs "cerises". C’est con, les cerises, sur un mur... Penser à retapisser un de ces jours... Penser d’abord à trouver le sommeil. Demain, je bosse. Debout à 7 h, bon dieu de bon dieu... Dieu..., dit aussi un autre dicton de ma mère, aide à trois personnes : aux fous, aux enfants et aux ivrognes. Merci maman, merci mon dieu ! J’avale coup sur coup trois verres de la bouteille de vin entamée. Plus un p’tit dernier pour la route.

4ème heure :
4h. Je tue Demaille. Il a les quatre fers en l’air.

5ème heure :
5h. Cela fait les cinq colonnes à la une, je suis un héros.

6ème heure :
6h. Thérésa se lève, comme tous les matins, à 6 heures tapantes, hurlantes.

7ème heure :
7h. Au prix d’un effort sur-humain, accomplir les sept premières tâches de la journée : me lever, me laver, m’habiller, prendre mon café, laver mon bol sans oublier le couteau et la petite cuillère, prendre ma serviette et fermer la porte à clé.

8ème heure :
8h. Et comme tous les matins, même galère, même embouteillage. 8 minutes sur place.

9ème heure :
9h. J’ai salué M. Demaille vêtu d’un complet tout neuf.

10ème heure :
10h. Le démarchage ne marche pas, malgré la dizaine de coups de téléphone passés à d’éventuels clients. Va falloir jouer serré.

11ème heure :
11h. Pause café, "le bouillon d’onze heures", sous l’œil hargneux de Demaille.

12ème heure :
12h. Ce midi, steack-nouilles à la cantoche. Fred, qui lui foutrait bien également douze balles dans la peau, a comparé Demaille au plat de pâtes : "gluant..."

13ème heure :
13h. Re-café, et re-café. Comme les huîtres, ces temps-ci : treize à la douzaine.

14ème heure :
14h. Demaille m’a convoqué. Je suis au quatorzième dessous, deuxième étage, porte 228. Du chiffre ou viré ! Ce client, il va falloir l’avoir, a éructé la nouille gluante. J’en aurais presque rit, en pensant à Dédé. J’ai également pensé aux taches sur les murs de la cuisine.

15ème heure :
15h. J’ai eu beau en faire passer quinze pour douze, le client ne s’en est pas laissé compter. La nouille gluante va me coller au train. J’partirais bien en vacances.

16ème heure :
16h. Demaille est ventre en avant. Premièrement, je vous avais prévenu. Deuzio, je suis très déçu. Tierco, les chiffres de la société... bla bla bla. Il n’y a que Demaille qui m’aille pas et qui vomit ses chiffres et sa haine, et seizièmement, je m’en vais sans même claquer la porte. Fatigué.

17ème heure :
17h. Fatigué et euphorique. La maison est calme. J’écoute Roméo et Juliette, op. 17, de Berlioz.

18ème heure :
18h. Thérésa est rentrée. Ce soir, on mange des lasagnes congelées, pas cher, 4,18 euros la boîte, j’en ai pris trois.

19ème heure :
19h. On mange des lasagnes congelées décongelées au bout de 19 minutes.

20ème heure :
20h. Les infos. On entend ne rien changer. Vingt morts dans un attentat.

21ème heure :
21h. Après très exactement vingt et une minutes de pub, le film commence. Café.

22ème heure :
22h. Thérésa commente le film toutes les vingt-deux secondes. Fatiguant.

23ème heure :
23h. Magazine société. Intermittence et précarité. Vingt-trois minutes de débat stérile. La culture à la télé.

24ème heure :
24h. Thérésa est partie se coucher. Tu viens pas ? Non, demain, c’est Samedi, j’bosse pas. N’oublie pas, demain samedi 24, contrôle de la voiture. Thérésa pense à tout.

25ème heure :
1h. D’ailleurs, y va peut-être pas me virer. Bon, une chance sur deux. Le mot chance me fait sourire.

26ème heure :
2h. Je lis "La Terre des deux promesses", d’E. Habibi, et Y. Kaniuk.

27ème heure :
3h. M’en fous, j’en profiterai pour refaire la tapisserie. En trois coups de cuillères à pot... Je me tourne et me retourne dans mon lit.

28ème heure :
4h. Quatre pelés et un tondu sont à mon enterrement. Thérésa est une belle veuve. Demaille est là qui lui propose de refaire la tapisserie de la cuisine. Thérésa lui dit qu’elle a des lasagnes dans le congélateur.

29ème heure :
5h. Je ressuscite, mais la voiture refuse de démarrer. Pierre, tu vas être en retard ! Thérésa dit que c’est normal, pas même une voiture ne se laisserait mener par un irresponsable de mon genre. Thérésa est morte de rire. Je l’ai tuée de cinq coups de truelle. Je suis en sueur.

30ème heure :
6h. Thérésa se lève à six heures tapantes, hurlantes.

31ème heure :
7h. Elle chausse ses bottes de sept lieu, c’est le grand ménage du samedi. Le grand bordel aussi.

32ème heure :
8h. Huit heures ! Debout ! N’oublie pas le contrôle de la voiture qu’est à dix heures. Thérésa pense à tout.

33ème heure :
9h. J’entreprends les cinq tâches du samedi : me lever, me laver, m’habiller, prendre mon café, laver mon bol sans oublier le couteau et la petite cuillère. Je sors et me dirige vers la R.9 blanche payée à crédit.

34ème heure :
10h. La voiture refuse de démarrer. Thérésa est là, chaussons élimés aux pieds, le monde s’est écroulé. Ah évidemment, maintenant tu l’as noyée. Mais qu’as-tu dans le crâne. Faut vraiment être irresponsable pour noyer ainsi sa voiture le jour d’un contrôle, et bla bla bla, bla bla bla. Je sors de la voiture, lui balance les clés avec un grand sourire, rentre à la maison et ferme le verrou derrière moi. Thérésa s’est d’abord mise à taper contre la porte en m’insultant au moins une dizaine de fois, puis le silence...

35ème heure :
11h. "Onze heures ! Le facteur doit être passé ! Faut que j’y aille, aussi ?..." aurait crié Thérésa. Il n’y a qu’un courrier, à en-tête de la société, "Monsieur, nous sommes au regret, bla bla bla...". Tout en sifflotant, j’ai commencé à déchirer consciencieusement, petit morceau par petit morceau, la tapisserie de la cuisine. Finalement, je vais plutôt peindre.

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Dimanche 2 mars 2008
crocus.jpg

Juste comme ça...

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Samedi 1 mars 2008


Pour la journée de la Femme


Miriam Naïli


expose à Paris


les samedi 8 et dimanche 9 mars



Si vous voulez recevoir une invitation, faites-lui signe !



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Samedi 1 mars 2008


PATRICK GUILLOT
 
*
 

… d’une série de trente diptyques

 
 (peinture sur papier)
 
 
 

 
 
du lundi 3 mars 2008
au
lundi 31 mars 2008
à
l’Apparemment Café
 
au n° 18 de la rue des Coutures St Gervais
 
(longeant le jardin du musée Picasso,
entre la rue de Thorigny et la rue Vieille du Temple
75003 PARIS)
 
vernissage
le lundi 10 mars 2008
de 18 à 20 heures
 
 
 

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Mardi 26 février 2008

L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur
sa dernière phrase. Aujourd'hui encore...


...et dans le même temps que Ludo, j’écrivais moi aussi à partir de :


Effets d'un rêve interrompu

Luigi Pirandello

LGF, 1994


« Le bruit court dans l'assemblée :
- Il y a quelqu'un qui rit.

 


(…)

Sans rien comprendre à ce qui lui arrive, il s'enfuit avec des frissons dans le dos, terrorisé à l'idée que tous les habitants de la ville sont brusquement devenus fous. »


Le bruit court dans l'assemblée :

 

-         Il y a quelqu'un qui rit.

 

-         Qui l’a dit ?

 

-         Jacques a dit : « Il y a quelqu’un qui rit. »

 

-         Si Jacques a dit « Il y a quelqu’un qui rit »,  alors, ça doit être vrai.

 

-         Regarde là-bas, c’est Gros-Jean !

 

-         Ma parole ! Il se prend pour la vache qui rit !

 

-         Oui. C’est outrageant pour l’assemblée…

 

-         Et dangereux. Va falloir agir. Regarde Kiri, maintenant…

 

-         Kiri… Il a mis un nez de clown !

 

-         On n’est pas là pour rigoler, pourtant.

 

-         Manquerait plus que l’autre Pierrot, là, celui qui est toujours dans la lune, ne pète aussi un plomb… Ca ferait encore des histoires…

 

-         C’est ben vrai, ça, père Castor. Manquerait plus que ça…

 

-         Il faut prévenir les autres.

 

-         Dame Carca s’en occupe. Et Frère Jacques s’est réveillé. Ça va pas être pour rien, à mon avis…

 

Pierrot Le Fou, seul dans son coin, écoute, la tête comme toujours un peu ailleurs. La voix de la mère Denis l’a fait sursauter. Puis à la vue de l’assemblée qui se tourne et se dirige à présent vers lui, l’air peu amène, comme pour lui sonner les cloches, il prend soudainement peur. Sans rien comprendre à ce qui lui arrive, il s'enfuit avec des frissons dans le dos, terrorisé à l'idée que tous les habitants de la ville sont brusquement devenus fous.

 

 
par co errante publié dans : A partir d'ailleurs
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Mardi 26 février 2008

Le train. Ce train a toujours la même odeur. Qu’il soit plein ou vide, qu’il fasse beau ou non, le matin ou le soir.

Comment se sentir, dans ce train ?

Sans doute comme d’habitude…


par co errante publié dans : Presque rien
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Pour le livre

Face aux menaces contre le prix unique du livre, les professionnels et les lecteurs se mobilisent

 ici



Je serais vous...

Je serais vous...


j'irais faire un petit tour du côté de chez mimidup...








puisque pour la 3ème année consécutive, À quoi rêvent les filles ? vous invite à participer à son concours d'été. Cette fois, le thème proposé est :


 L A   R É C I P R O C I T É

 

Pour participer au concours, il vous suffit de lui envoyer un texte (poésie, prose, nouvelle, pensée...) avant le 30 juillet 2008

 

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