Quand il y a tout à terre, à taire.
Juste pour voler quelques instants.
Lundi 18 février 2008

Cette semaine, j’ai reçu…


Les-indigents-de-Dublin.jpg    


    INDIGENTS DE DUBLIN

 

    (recueil instantané)

 

    de Éric Dejaeger





Alors, Les « Indigents de Dublin », c’est…

 

« * Une trentaine de textes instantanés

(* écrits entre le 29 décembre et le 4 janvier 2008)

quelques photos

(des vraies, en plus)

et bouts de papier

(je dis rien…)

pour raconter

(c’est Éric qui raconte)

vite fait bien fait

(donc, pas n’importe comment)

une semaine dublinoise

(Éric est belge)

que la pluie

(qu’il attendait pour étrenner sa casquette !)

n’aura gâchée

(tu parles… Je suis bien sûre qu’il en a profité quand même…)

que pendant quelques heures »

(…le temps d’une pint ou deux of Guinness, quoi…)

 

* Là, c’est Éric qui a écrit

(* Là, c’est co errante qui commente)

 

Texte choisi pour vous, par moi, et avec son accord :

Le long de la Liffey

devant le super moderne IFSC *

se dressent les Famines Statues :

quelques formes humaines émaciées

et torturées

rappelant la grande famine

du XIXe siècle.

Un groupe de sourdes-muettes

s’autophotographient

à côté d’elles.

Ces jeunes filles

sont aussi

un peu aveugles.

 

* International Financial Services Centre

 

 

Là, c’est que co errante qui écrit :

Le ton est celui d’Éric Dejaeger : donné par un regard qui ne laisse rien échapper, surtout les travers de ses contemporains ou de ce monde. Les textes sont courts, efficaces, souvent drôles, l’humour est délicieusement incisif, l’homme toujours profondément humain.

Sous sa barbe à lui, se cache sans doute un sourire au grand coeur. Enfin… je crois.

Je crois aussi qu'Éric Dejaeger s’attache à être un homme libre. Où qu’il soit.

 

 

Le tirage est strictement limité à 50 exemplaires numérotés et nominatifs.

Si vous êtes intéressé par un exemplaire, (14 euros, frais de port compris), vous pouvez le contacter ici : ericdejaeger(at)yahoo.fr

Mais je ne sais pas s’il en reste…

 

 

Éric Dejaeger a aussi publié :

Ben, autant aller voir là : Éric Dejaeger

 

 

Un p'tit dernier ?


Dans la foule

sur O’Connell Street

une petite vieille

brandit une pancarte

anti I.V.G. :

“Think of all those children

murdered before being born!” *

ou untruc approchant.

Se rend-elle seulement compte

qu’elle n’a absolument rien à craindre ?

 

* « Pensez à tous ces enfants assassinés avant la naissance »

par co errante publié dans : J'ai lu...
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Lundi 18 février 2008

Va savoir...

Duo Ludovic Kaspar (Rollerpen), co errante

(octobre 2006)

 
Épisode 1


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Elle pousse la porte de ce café, situé en plein centre ville.

 

Et comme dans n’importe quel café du centre ville, ici, elle est sûre d’y trouver le péquin de passage ou les deux amies éternelles, qui, à bout de souffle et de salive, viennent se réhydrater entre persiflages doucereux et lèche-vitrines.

Mais ici, on ne dit pas le café. Parce que ce n’est pas n’importe quel café. Ici, on dit « Le CAFE ». Ici, c’est l’antre de l’intelligentsia citadine.

 

Et c’est pour ça qu’elle y entre, cette fille. Parce qu’on y on trouve de tout, mais aussi et surtout, le tout et son contraire : l’avocat le plus ripou ou celui du diable, le poète le plus ou le moins maudit, l’architecte le plus laissé en plan ou le moins bringuebalant, le photographe le plus cliché ou le moins à dada sur son image, le peintre le plus exposé ou le moins dépeint, le politique aux dents les plus longues ou le moins cru, l’écrivain le plus m’as-tu-lu ou le moins publié, le journaliste le plus mange ou le plus fouille merde, le comédien le plus théâtral ou le moins causant, le musicien le plus à l’écoute ou le moins écouté.

 

Elle, elle vient surtout pour son contraire, pour acérer son œil, pour laisser traîner l’oreille en silence et saisir toutes ces bribes de bruits en forme de mots, pour prendre l’air du temps et du « tant », souvent trop, pour en emporter le vent, le disperser ensuite en sourires cachés, rires puis fous rires, pour son barman sympa et pour son café. Un des meilleurs de la ville. Ici, elle connaît pratiquement tout le monde mais ne noue vraiment avec personne, se limitant à un clin d’œil, à un hochement de tête, en réponse aux signes de reconnaissance. Ils fréquentent les mêmes mondes, parfois, et cela suffit. Pas besoin d’en savoir plus.

Ici, elle vient prendre l’air, de temps en temps, l’air de quelqu’un qui vient juste se poser.

Ici, elle se connecte avec la ville. Ceux qui y passent, simplement. Avec leurs histoires tues. Et ceux qui la font, cette ville. Avec leurs mensonges et leurs réalités.


(...)

 

par co errante publié dans : Va savoir
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Dimanche 17 février 2008

J’écris

Je crie

Je ris

Je grime

Je frime

Je frémis

Je freine

Je froisse

J’ai froid

Effroi

Au fou

Foutaises…

 

J’écris

Etc.

par co errante publié dans : Presque rien
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Dimanche 17 février 2008

L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur sa dernière phrase. Aujourd'hui encore...

et dans le même temps que Denis, j’écrivais moi aussi à partir de :


Régis Jauffret. Asiles de fous

 
Gallimard, 2005


« Il faut que je change de lit, de canapé, de fauteuil et que je peigne les vitres pour modifier la couleur du jour. »


(…)

 

« Je suis sûr qu'il est toujours plus ou moins vivant, assez sans doute pour avoir écrit ce roman. »



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Il faut que je change de lit, de canapé, de fauteuil et que je peigne les vitres pour modifier la couleur du jour.

Il me faut d’autres rêves, d’autres assises, d’autres couleurs.

Il faut que je fasse place nette.

Il faut que je gomme mes traits. Que je m’efface. Pour le voir, l’autre. L’autre se cache toujours. Il ferait presque le mort.

J’ai changé. J’ai tout changé.

Ne reste que moi.

Je suis devant le miroir. Tous les personnages tremblent. Je le sens. Ils appréhendent que rien ne soit comme avant. Je le sais.

Je gratte, griffe, arrache, lacère ma peau. Je veux laisser place à son visage. 

Car je suis sûr qu'il est toujours plus ou moins vivant, assez sans doute pour avoir écrit ce roman.


René Magritte
(1898-1967)

La lunette d'approche, 1963

 

 
par co errante publié dans : A partir d'ailleurs
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Dimanche 17 février 2008


L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur
sa dernière phrase. Aujourd'hui encore...

…Un texte écrit par Denis.



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        Régis Jauffret. Asiles de fous

        Gallimard, 2005


       

        « Il faut que je change de lit, de canapé, de fauteuil et que je peigne         les vitres pour modifier la couleur du jour. »

 

        (…)

 

        « Je suis sûr qu'il est toujours plus ou moins vivant, assez sans doute         pour avoir écrit ce roman. »




Il faut que je change de lit, de canapé, de fauteuil et que je peigne les vitres pour modifier la couleur du jour. Il faut que je soulève ce corps bien trop lourd avec cette conscience qui ne peut plus rien. Une  conscience où palpite encore un petit noyau, qui s’obstine à vivre au milieu d’une masse inerte. J’ai perdu la faculté d’apprécier l’écoulement du temps. Je suis déjà un fantôme, une fumée qui pense.

 

De page en page, j’ai connu la gloire, la misère, J’ai fait l’amour, souvent  et approché  la mort, parfois. Les amis de passage se sont succédé, les ennemis, eux, n’ont pas survécus. Grâce à lui, j’étais comme un dieu, immortel et invincible.

Ma vie est un roman, mais, ma vie ne tient qu’à un roman. De mots, de phrases, d’idées, on m’a nourri. Je suis sortie du néant par la magie de son génie.

Maintenant, le monde où je vis ne me permet plus de voir loin, à peine, la distance à laquelle un écrivain myope apercevrait sa feuille blanche, juste à une portée de plume.

Un mot, une phrase, une idée et tout peut recommencer.  

Je revendique mon existence.

Mon cœur bat encore, pourquoi ne l'entend-il pas ?

Je suis sûr qu'il est toujours plus ou moins vivant, assez sans doute pour avoir écrit ce roman.

Denis
par co errante publié dans : A partir d'ailleurs
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Samedi 16 février 2008
Là, maintenant, tout de suite..., je me demande quoi penser d'une citation qui m'a choisie aujourd'hui :
"Les paroles sincères ne sont pas belles.

Les belles paroles ne sont pas sincères."  Lao Tseu

par co errante publié dans : Là, maintenant, tout de suite...
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Vendredi 15 février 2008

 

Trois notes.
 

Juste trois notes.

 

Simplement trois notes.

 

Trois notes toutes simples.

 

Trois jolies notes.

 

Et leur suite.

 

Pour finir sur trois notes.

 

Juste trois notes.

 

Simplement trois notes.

 

Trois notes toutes simples.

 

Qui ne me cassent pas en deux.

 

 

 

Deux notes alors

 

Au moins deux notes.

 

Deux petites notes

 

Deux notes toutes simples.

 

Même en bémol

 

Même en sourdine.

 

Juste deux notes

 

Deux notes légères.

 

Deux notes pour un ailleurs

 

Même de temps en temps.

 

D’un temps qui n’embrume pas.

 

 

 

Ou même une seule note

 

Juste une note

 

Une toute petite note.

 

Minimaliste

 

Répétitive

 

Noire ou blanche.

 

Mais une note

 

Une note pour rien

 

Une note comme un accord.

 

Une note sans conditions

 

Une note qui n’isole pas




 

Juste 

 

Juste fuir

 

Ce silence

 

Partition sans clef




Note de moi : suite (et fin) de "Suivre", alors. Merci guelum.

 
par co errante publié dans : Un peu plus
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Mardi 12 février 2008
Là, maintenant, tout de suite..., je me demande si vous saurez trouver la musique, sur le bolg mien.
par co errante publié dans : Là, maintenant, tout de suite...
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Lundi 11 février 2008

L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur sa dernière phrase.

Aujourd'hui encore...

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    Patrick Süskind

 

    La contrebasse

 

    Fayard. Livre de poche. 1984

    « Une chambre. »

 

    (…)

 

    « Au même moment, la musique commence : Schubert,             quintette La Truite, premier mouvement. »



 

Une chambre. Elle. L’ennui. L’immeuble si plein et si vide à la fois. Ses yeux. Puis l’angoisse. Qui monte. Le cœur qui bat. Pour rien, elle le sait bien. Elle se le répète tous les jours. Le silence. Trop de silence.  Comment dire autrement : ce silence qui hurle ? Elle pense à Éric. Il a raison mais il ne peut pas savoir ; il sait nager dans ce monde. Même à contre-courant. Elle, pas. Même en courant. Même en se pressant de continuer à vivre. Au même moment, la musique commence : Schubert, quintette La Truite, premier mouvement.



Note de moi : ou comment fiction et réalité se mélangent, hein Éric. Pas ma faute, mais celle de mes doigts...

 
par co errante publié dans : A partir d'ailleurs
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Lundi 11 février 2008

Ma balade

où je veux...

 

C'était un midi, non, un après-midi. Enfin, une heure à laquelle le soleil est agréable. Je me suis assise sur un banc. Libre, ce banc. J’ai d’abord regardé le paysage. Oui, exactement celui que je voulais. Un banc parfait pour se poser, se chauffer au soleil, sentir l'air, regarder le temps passer, le temps qu’il faut pour écouter les bruits, ceux des autres, de la ville, des oiseaux, du vent dans les feuillages. De regarder les chaussures passer. D'imaginer leurs propriétaires. Surtout, ne pas les regarder. Seulement accompagner leurs pas un moment. Ou plus exactement, les regarder ensuite de dos. Découvrir les démarches. Seulement les démarches. Ne pas s’immiscer plus.

 

En fait, il n'y a personne. Le banc est vide ou occupé par d'autres. Des gens passent devant. Ou pas.

 

Allez, je rentre. Dans la vie. L'autre...

Retour sur terre.



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Pour le livre

Face aux menaces contre le prix unique du livre, les professionnels et les lecteurs se mobilisent

 ici



Je serais vous...

Je serais vous...


j'irais faire un petit tour du côté de chez mimidup...








puisque pour la 3ème année consécutive, À quoi rêvent les filles ? vous invite à participer à son concours d'été. Cette fois, le thème proposé est :


 L A   R É C I P R O C I T É

 

Pour participer au concours, il vous suffit de lui envoyer un texte (poésie, prose, nouvelle, pensée...) avant le 30 juillet 2008

 

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