La tête dans la lune mais d’un pied sur le sol, j’ai ébauché de vagues traits. Désabusés. Et pourtant, j’ai vu ces
signes en terre, en taire, se plier, se tordre, s’étirer puis se mouvoir, ramper, étrange réalité. Je suis descendue de mes nuages.
Étais-je donc autant l’abusée ?
Tout neufs et un peu étourdis, ils ont pris le temps de s’arrêter, de se regarder. Les plus hardis se sont abordés, en
mouvements débridés. Les autres ont suivi. Et sans commentaires, tout en circonvolution, ils ont commencé à explorer de concert ce nouveau monde, à partager le même air, tous sans exception, sans
classification, nul besoin de révolution. La vie prenait ses aises, les vers leur liberté, ces traits de rien s’étaient faits traits d’union, à l’unisson, début d’une genèse, de complicités
peut-être, de rimes à trouver.
Alors, sur la pointe des pieds, je me suis éclipsée.
Je n’avais rien à dire.
par co errante
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Là, maintenant, tout de suite..., je me demande pourquoi je ne me dis pas rien.
Là, maintenant, tout de suite... je me demande trop.
Je ne peux plus écouter de musique sans valser dans un coin. Tout au fond.
Je ne me promène plus. Trop de vide autour de moi.
Je ne mange plus. Déjà pleine de rien.
Je ne retrouve plus l’ivresse.
Ni le silence. Qui hurle.
Je ne parle plus.
A cause de toi, je ne sais plus vivre.
A cause de toi, je ne saurai même pas mourir.
Texte inspiré par : Là, maintenant, tout de suite. Trois fois rien.
par co errante
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Là, maintenant, tout de suite... je me demande où la musique va m'envoyer valser.
A peine née, toute petite déjà…
Pour respirer, on demande où ? Vite ! Je manque d’air. A droite on me dit qu’il fallait y penser
avant, à gauche que ce ne serait pas le moment, derrière qu’il y en aura pour tout le monde et devant, que là n’est pas la question. Au centre, j’étouffe… Crise imprévisible, recherche de mots
urgente, maintenant rien n’est suffisant et là est le problème. Asphyxie et tétanie sont les deux seules gamelles qu’on me tend.
Prenez et mangez-en en tous, etc.
Non. Overdose.
Prenez et buvez-en tous, etc.
Non. J’arrive à la lie. Une bouffée d’oxygène, vite. Le ballon de rouge ne fait plus effet.
Les secours ne sont pas prévus. Vous êtes programmé pour marcher droit.
Indiquez-moi la sortie. Le temps de trouver un souffle d’air. Quelques mots légers.
Voie sans issue. Avancez s’il vous plaît. Suivez la flèche. Ne ralentissez pas le mouvement. Acquiescez.
Obéissez.
Non.
Je vous rends vos armes mais pas mon âme.
Je respire mieux ainsi.
Et au loin se dessine une lueur. Que je tais.
par co errante
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La bibliothèque s’est mise à vibrer. Elle en est sûre. Ses livres bougent. S’échappent.
Elle a vu les caractères d'imprimerie danser devant ses yeux, dernière révérence avant de s'enfuir,
disparaître, se fondre, s'évaporer dans le papier. Elle a vu les couleurs des couvertures s'affadir lentement, s'anéantir doucement. Le rouge vermillon s'est d’abord fondu dans un rose tendre, le
bleu acier s’est coulé dans un bleu pâle, le vert jardin s’est noyé dans un vert d'eau. Toutes ces couleurs se sont éteintes sur du … rien. Pas même du blanc. Du vide. Du rien. Une couleur qui
n'existe pas.
Elle est folle, sans doute, mais peu lui importe. La folle souffre, surtout. Elle souffre de se savoir devenir
orpheline, orpheline de tous ses livres, orpheline de chaque livre perdu. Soudain, c’est l’explosion ; une explosion de lettres, brusquement régénérées, fusant des pages affolées, frappant
les fenêtres, martelant les murs pour ensuite retomber en pluie légère dans toute la pièce. Elle n'a même eu pas le réflexe de se protéger. Puis, c’est le silence. Le sol est à présent jonché de
petites lettres. Elle reste pétrifiée. Tandis que son monde s’est écroulé, meurt encore, un des ouvrages commence à frémir, des lettres s'agitent sur le sol, et valsent les caractères dans des
pages feuilletées par quelque main invisible sous une aura de couleurs fluorescentes.
Le livre a fait un bond dans les airs, s'est posé doucement sur la petite table basse. Elle s'est approchée
et, sur la jaquette dessinée, a lu : "Juste pour elle".
par co errante
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C’était un auteur à succès. Prolixe. Il avait toujours des mots, de bons mots, et surtout le dernier mot. Ses
personnages filaient droits. Ils n’étaient pas payés pour penser. Ses lecteurs se pâmaient. Son banquier aussi. Un jour, entre ses lignes, tirées à quatre épingles, sur un pc portable dernier
cri, silencieux, rapide et hors de prix, un personnage apparut. L’auteur haussa un sourcil hautain avant de le déclarer persona non grata. Le personnage n’en eut cure, se bornant à le regarder,
tout aussi fixement. L’auteur tenta de balayer de l’écran, mais le personnage y campait résolument, dans un coin, un tout petit coin, grain de sable enrayant la machine. Laquelle commença à
bugger. L’auteur eu beau redémarrer, formater, changer de pc, le personnage se prélassait toujours dans un coin d’écran. L’auteur eut beau écrire sur papier, en désespoir de cause, le personnage
se logeait toujours dans un coin de son esprit. Et le regardait. Sans mot dire. Plus personne n’osait bouger. Il sembla même à l’auteur que cette gourde de Sarah, son héroïne, s’amourachait de
l’intrus. L’histoire n’avançait plus.
Enfin, tout aussi soudainement qu’il était arrivé, le personnage tourna le dos et s’en fut, tranquillement.
L’auteur, soulagé, voulut prendre une grande inspiration. Il la cherche encore.
Après 'L'auteur sans histoires", ce texte s'inspire encore de l'histoire écrite par guelum, visible
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par co errante
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