Mardi 24 juin 2008

...juste la musique...


On... musique

Off les mots

Trop de mots dans la tête. Entrechocs. Silence hurlant. Geste salutaire, presque un réflexe de survie... On musique… Avec tambour et trompette, mettre les mots en sourdine. Bémol en tête. Fugue en musique. Des sons en tous sens. Partir là-bas. Vois, là… Tu es là-bas. Se fondre. Sans se confondre. Tu oublies le coûte que coûte, tu deviens juste écoute. Piano mais toujours crescendo, les do et autres sont devenus majeurs. Tu ne te perds plus à cor et à cri. Ici le cor résonne, sonne les plaintes, hausse le ton. La lyre du poète ne délire plus sur les maux. Elle s’accorde juste avec d’autres notes. Accords volés en diapason. Bleus soignés à coups de musique. Les couteaux enfoncés dans les plaies fondent sous les pointes lancinantes en blues. Baume à contretemps. La dissonance se fait précieuse. Le tempo rythme l’oubli. Le la est ici, maintenant. Tu te retrouves. Soupir esquisse sourire. Tu respires. La corde était là, tu t’y es suspendu et tu vibres enfin, l’accord est parfait. Tu as trouvé le point sensible, la balance exacte entre malaise et dièses. La clé était la bonne. Au point d’orgue, tu es tout musique. Le monde est volutes d’air à mille temps, du temps oublié, des tant de mots en souffrance. Vol en notes libératrices. Enfin le silence te regarde, apaisé, vidé. Calme. La plage était belle. L’amer s’est retiré.

Souffle…

A toi de jouer maintenant. D’écrire tes propres accords. Majeurs ou mineurs.

Mais en accord avec l’âme.

Justes.

par co errante publié dans : Un peu, ici
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Mardi 3 juin 2008

Ne plus

De peur de ne pas

 

Rester

Ailleurs, n’importe où

 

Parler

Les mots en dedans

 

Dormir

Les rêves en dehors

 

Penser

À ne plus

 

Résister

Se demander à quoi

 

Continuer

Regarder ses pieds

 

Écrire

Regarder ses pieds

 

Compter

Ses pas

 

Arrêter

Rime à rien


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Lundi 19 mai 2008

Les mots doux se susurrent à l’oreille au moment où tu t’y attends le moins. Alors que ton regard est perdu, courroucé, confiant ou fermé, ailleurs ou ici, mais assez proche d’eux pour que tu les entendes. C’est comme ça, les mots doux : ils sortent sans prévenir, la nuit ou le jour, et se posent là, s’offrent, s’épèlent, te disent, t’appellent, se trouvent, te découvrent, te couvrent. C’est juste leur moment. Ils te regardent, ensuite, pleins de leur nudité, et se nourrissent ou se meurent d’un simple silence. La suite t’appartient. Tout simplement.

Les mots doux peuvent faire chavirer ou se noyer. Quelle importance, finalement ? Ce ne sont que des mots doux. Un peu innocents…


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Lundi 12 mai 2008

 

Henri Michaux, Éclatements, 1954, encre



Mots doux, trente-sixième dessous.
Les mots durs fusent, disloquant les mots doux.

Je tente de ramasser ces derniers, déconfits, désarticulés, bien mal en point, jetés à la ligne.
Mais mon aide les affole. Je les repose et les regarde se perdre, impuissante. Ils ne se retrouvent pas, ne savent plus se reconstruire. Certains s’éteignent lentement, s’effacent, d’autres se traînent ici et là. A bout de mots.
Les plus forts d’entre eux s’obstinent à murmurer, tandis que s’acharnent, sifflent et crachent toujours les mots durs. Des salves de mots mitraillettes ont transpercé en plein cœur, des mots missiles les ont explosés. Mots najas contre mots naïfs... Le poison a fait son effet.
Les mots doux blessés, silencieux, se serrent à présent en un tas informe. Des pulsations font vibrer les mots tus. Le tas continue de battre doucement
Les autres paradent, continuent à jouer aux durs. Je pourrais les envoyer valser à coup de rimes acerbes. Mais sans répondant, ils s’empoisonneront bientôt tout seuls.

L’ignorance choisit son camp.
Je veille. En silence. Et je sais pourquoi.


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Samedi 10 mai 2008


Je ne joue pas. Ou alors avec moi-même. Mais jamais avec les autres. Jamais contre les autres.

Jouer n’est pas mon fort. Les atouts, à tout prix, ne me disent rien. Je veux bien perdre mon âme, mais pas au jeu du je joue pour mieux te tuer.

D’ailleurs, je suis déjà morte depuis longtemps. Même pas drôle.

Je veux bien juste me rappeler de quand j’étais vivante. Quand le nain ne riait pas jaune, quand les petits chevaux faisaient des bonds de cabris, quand à trois il faisait soleil, quand les balles étaient pour de faux, quand le labyrinthe avait une sortie, quand le loup n’y était pas, quand les cordes étaient élastiques, quand les billes ne roulaient pas, quand Colin ne me trouvait pas pour mieux m’enfermer encore, quand l’exquis n’était pas cadavre. Quand le jeu n’était pas mortel.

Sérieux. Je ne joue jamais aux jeux de l’ego. Juste aux jeux pour rire. Même aux larmes. Mais pour de vrai. Sans les masques.

 

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Lundi 5 mai 2008

René Magritte

Ceci n'est pas une pomme, 1964

 

J’ai vu un mot. Qui m’a fait penser à « pomme ». Prologue mystérieux, je sais, sauf pour moi. Peu importe pour vous. Vraiment.

Imaginons…

Comme d’autres sans doute dans le monde et au même moment, prenons une pomme. Et mangeons-la.

Peu importe la façon : auparavant coupée en quartiers ou croquée à pleines dents, là n’est pas l’essentiel. Savourons l’instant de l’attente, déjà. Ce qui me laisse, à moi, le temps de réfléchir à la suite du monologue.

Sentons la pomme, tant qu’à faire, pourquoi se priver d’odeurs, et dégustons-la. Avidement, doucement, peu importe encore.

Comme d’autres, nous nous rappellerons de cette pomme ;  elle nous aura nourris, tout au moins. C’est déjà pas mal. Un peu de reconnaissance ne nuit pas.

Associons-nous maintenant encore un peu plus. Associations d’idées. Où te mène cette pomme ? Là, comme ça, tout de suite, en ce qui me concerne, je dirais… pauvre pomme, oui, vraiment, pauvre pomme, positivons, un pommier à cidre de mon enfance, la (et les) pomme(s) de ma douche, musique et les sempiternels Eve ou Guillaume Tell. Et toi ? Ailleurs, sans doute.

Toujours est-il que cette pomme a existé et que toi, moi, l’avons croquée, comme d’autres, au même moment. Voici le seul dénominateur commun.

Les pépins ? Chacun les siens.

C’est finalement très fort, une pomme…

C’était un texte tarte.

 

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Jeudi 1 mai 2008




En ce premier mai,
permettez-moi de vous offrir un brin de...

 
  lilas !


En mai, voilà ce qui me plaît...

;-)

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Mardi 29 avril 2008

 

Je suis allée acheter ton parfum, aujourd’hui. Celui que nous aimons, tous deux, celui que j’ai respiré tant de fois en humant ta peau, celui qui parfume mes nuits et dont les soudains effluves me font vaciller encore et toujours au hasard des anonymes croisés. J’ai acheté ton parfum parce que je t’aime ainsi.

J’ai acheté ton parfum, aujourd’hui, pour l’offrir à un autre. Comme ça, tu es encore un peu là.

Je me déteste, je nous déteste, et m’en souviendrai longtemps.


 

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Lundi 21 avril 2008


C’est le silence qui m’a réveillée. Je m’étais quittée, ici.
Autour de moi, il y avait du bruit, beaucoup de bruits. Des bouts de phrases animées, sérieuses, grandiloquentes, démonstratives, chuchotantes, féminines, masculines, nasillardes, hilares, criardes, douces, fortes, lesquelles rivalisaient avec des notes de musique grotesquement ou heureusement appauvries par le brouhaha environnant. Il y avait du mouvement aussi, beaucoup de mouvements. Des corps se frayaient un passage ou bien défendaient des places stratégiques, près du bar, proches d’amis, des corps se faisaient face, s’enlaçaient, se fuyaient, des bouts de corps s’agitaient, à grands renforts de bras levés, de mains agitées, de regards appuyés, de têtes renversées, de gorges déployées.
Je les avais quittés. Sans m’en rendre vraiment compte. Je m’étais retrouvée ailleurs. En mon for intérieur, mon fort protégé.
C’est mon silence qui m’a réveillée.
Et avec lui je suis partie.


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Lundi 14 avril 2008

 



Celui-là doit mourir. Je le décrirai donc brièvement.

Gentil, beau, et amoureux.

Je le mène jusqu’à cette rue. Sombre, déserte. Il est de bonne humeur. Fatigué mais heureux. Pressé de rentrer chez lui pour… mieux me rencontrer, mais il ne le sait pas. Lui, ne pense qu’à cette fille. A lui téléphoner, en prenant, tiens pourquoi pas, un verre de whisky. Il monte les escaliers d'un immeuble cossu, entre chez lui. Détente et sensualité. Chaleur d’une voix, d’un alcool. Plaisir de l’attente. De la prochaine gorgée, de la prochaine visite. Car la fille va venir. Mais je suis là, moi aussi. Rester impassible.

Je regarde sa main caresser le chat. Sa main fine, mélodieuse, qui joue en silence de jolies notes sur le dos du chat. J’écoute sa main. Elle me plaît. Et j’entends le chat ronronner.

Mais je dois passer à l’action. Le cœur battant. Serrer des dents. Ne pas flancher. C’est mon plan, c’est maintenant. Ma main inscrit sa mort. Je frappe, je le regarde tomber au fil des mots, le couteau est planté. En pleine page.

 

Même pas mal…
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Pour le livre

Face aux menaces contre le prix unique du livre, les professionnels et les lecteurs se mobilisent

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Je serais vous...

Je serais vous...


j'irais faire un petit tour du côté de chez mimidup...








puisque pour la 3ème année consécutive, À quoi rêvent les filles ? vous invite à participer à son concours d'été. Cette fois, le thème proposé est :


 L A   R É C I P R O C I T É

 

Pour participer au concours, il vous suffit de lui envoyer un texte (poésie, prose, nouvelle, pensée...) avant le 30 juillet 2008

 

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