Dimanche 18 mai 2008
L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur sa dernière phrase. Aujourd'hui encore...
et encore...



    Giuseppe Penone
    Jean-Louis Vincendeau
    Éditions Éolienne, 2007



 

Il s’agit de commencer la journée comme on se prépare à un voyage risqué dont on sait à l’avance l’issue, commencer la journée comme on commence un récit.

(…)

Rayonnement, éclairements, empreintes déclinées jusqu’au fin bout, jusqu’à la limite qui pointe : quelque chose s’étire jusqu’aux bords de la feuille, jusqu’aux bords de la vie ?



Après "Entre", écrit entre ces deux phrases, Denis a suivi...





Il s’agit de commencer la journée comme on se prépare à un voyage risqué dont on sait à l’avance l’issue, commencer la journée comme on commence un récit.

Mais… La journée n’a pas commencé, le soleil n’est pas levé, l’issue est improbable, pourtant, inéluctable est le voyage.

Aux premières heures de la vie, nulle racine, nulle trace, le récit peut commencer…

Rayonnement, éclairements, empreintes déclinées jusqu’au fin bout, jusqu’à la limite qui pointe : quelque chose s’étire jusqu’aux bords de la feuille, jusqu’aux bords de la vie ?




Denis

par co errante publié dans : A partir d'ailleurs
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Jeudi 1 mai 2008


L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur sa dernière phrase. Aujourd'hui encore...

 

…et suite au texte de Denis, « Autre », à partir de « Asiles de fous » de Régis Jauffret, nous avons poursuivi en duo et pris quelque liberté en ce qui concerne la fin.


 

    "Asile de fous", Régis Jauffret

    Gallimard, 2005

 

    « Il faut que je change de lit, de canapé, de fauteuil et que je peigne les vitres pour modifier la couleur du jour. »

 

    (…)

 

    « Je suis sûr qu'il est toujours plus ou moins vivant, assez sans doute pour avoir écrit ce roman. »


 

René Magritte
Reproduction Prohibited, 1937


Il faut que je change de lit, de canapé, de fauteuil et que je peigne les vitres pour modifier la couleur du jour.

Il faut que je soulève ce corps bien trop lourd avec cette conscience qui ne peut plus rien. Une conscience où palpite encore un petit noyau, qui s’obstine à vivre au milieu d’une masse inerte. J’ai perdu la faculté d’apprécier l’écoulement du temps. Je suis déjà un fantôme, une fumée qui pense.

De page en page, j’ai connu la gloire, la misère, j’ai fait l’amour, souvent et approché la mort, parfois. Les amis de passage se sont succédé, les ennemis, eux, n’ont pas survécu. Grâce à lui, j’étais comme un dieu, immortel et invincible.

Ma vie est un roman, mais, ma vie ne tient qu’à un roman. De mots, de phrases, d’idées, on m’a nourri. Je suis sorti du néant par la magie de son génie.

Maintenant, le monde où je vis ne me permet plus de voir loin, à peine, la distance à laquelle un écrivain myope apercevrait sa feuille blanche, juste à une portée de plume.

Un mot, une phrase, une idée et tout peut recommencer.  

Je revendique mon existence.

Mon cœur bat encore, pourquoi ne l'entend-il pas ?

Je suis sûr qu'il est toujours plus ou moins vivant, assez sans doute pour avoir écrit ce roman.

 

Il faut que je change de lit, de canapé, de fauteuil et que je peigne les vitres pour modifier la couleur du jour.

Il me faut d’autres rêves, d’autres assises, d’autres couleurs.

Il faut que je fasse place nette.

Il faut que je gomme mes traits. Que je m’efface. Pour le voir, l’autre. L’autre se cache toujours. Il ferait presque le mort.

J’ai changé. J’ai tout changé.

Ne reste que moi.

Je suis devant le miroir. Tous les personnages tremblent. Je le sens. Ils appréhendent que rien ne soit comme avant. Je le sais.

Je gratte, griffe, arrache, lacère ma peau. Je veux laisser place à son visage.

Car je suis sûr qu'il est toujours plus ou moins vivant, assez sans doute pour avoir écrit ce roman.

 

Le miroir me regarde, il ne doute de rien. Il me rend une image, la seule qui lui soit possible de renvoyer ; celle dont je ne veux plus ; celle que mes ongles ont abîmée. J’entends un cœur battre, il n’est donc pas trop tard.  Le miroir doute, ne sait plus, il s'efface. Derrière lui l’espace, une nuit d'encre sur une page blanche.

Je marche au bord du vide, limite infime entre Tout et Rien, entre naissance et renaissance. Voyage  sans retour, sans doute, sans espoir.

… Et ce cœur qui bat toujours.

 

Il fait tout noir, ici, là-bas. Je veux du bleu, je veux des mots, je veux des cris. « ÉCRIS ! » Je veux de la vie. Changeons. Échangeons. Ta vie contre la mienne. La tienne s’éteint, la mienne m’étreint. Fais un pas, avance, bascule. Passe de l’autre côté. Nous n’avons rien à perdre. Tout à inventer. Penche-toi. Épanche-toi. Le vide n’est rien, est tout. Lâche prise. Je prends.

 

Il fait noir d'encre. L'ancre est au fond, accrochée aux dernières algues. Elles ondulent, se balancent, s'en balancent. Ici, là-bas, sa présence est partout. Ma plume jadis si légère ne lui donnera plus d’ailes. Ma plume s'est envolée dans un ciel gris en y répandant ses sanies. C’était une plume mal accrochée, rétive peut-être. Elle s’est abîmée.

…J’entends encore son souffle si faible, comme râle dans l’océan bleu de l’encrier.

 

Plongeons. Ancre-toi à ma ligne couleur marine. Ici, rien ne pèsera. Je l’écrirai. Elle. Redresse la tête. Ouvre les yeux. Regarde. Je suis toi, tu es moi. Et vois comme je l’écris. Elle. Elle est devant toi. Chez toi, chez moi, j’ai changé de place le lit, le canapé, le fauteuil et j’ai ouvert la fenêtre en grand, pour voir la couleur du jour.

 

Je t’ai laissé mon rôle. Mon existence désormais s’inscrit, s’écrit dans le cœur de ta plume. Nos destins sont liés, reliés. M’accorderas-tu longtemps le droit d’exister avec Elle, avec toi.

Un cœur qui bat pour deux êtres. Deux êtres qui se battent pour n’en faire battre qu’un. Tu es ici, dans le Grand Théâtre, et comme ailleurs, l’illusion est parfaite. On croit, on espère, puis un jour, on découvre… Chacun sa prison, chacun son univers asilaire. Mais je suis toi, tu es moi et les autres ne sont que des ombres comme nous. Ils cherchent un lieu pour exister, pour y répandre des graines d’existence qui justifient la leur.

La vérité, la justice, la beauté, le bien souverain, tout ce qui rend le monde intelligible est encore et toujours derrière toi. Derrière cette porte verrouillée.

Ici aussi, il te faudra imaginer changer de lit, de canapé, de fauteuil, il te faudra imaginer à travers les vitres la couleur du jour qui décline.

Dieu n’est pas d’ici, ou pas assez vivant sans doute pour avoir écrit ce roman.

 

Dieu ? Mais je suis… Dieu ! Alors vis… -même d’illusions, pendant que j’écris…

 

Denis / co errante

 

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Dimanche 23 mars 2008
L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur sa dernière phrase. Aujourd'hui encore...


     Giuseppe Penone
     Jean-Louis Vincendeau
     Éditions Éolienne, 2007

   

 

Il s’agit de commencer la journée comme on se prépare à un voyage risqué dont on sait à l’avance l’issue, commencer la journée comme on commence un récit.

(…)

Rayonnement, éclairements, empreintes déclinées jusqu’au fin bout, jusqu’à la limite qui pointe : quelque chose s’étire jusqu’aux bords de la feuille, jusqu’aux bords de la vie ?





 

Il s’agit de commencer la journée comme on se prépare à un voyage risqué dont on sait à l’avance l’issue, commencer la journée comme on commence un récit.

 

La fin est toujours au bout. L’angoisse, entre. Bonjour Madame l’Angoisse, donnez-vous donc la peine d’entrer, installez-vous, prenez vos aises. Comme d’habitude. Je vais sonner Monsieur Silence afin qu’il vous tienne compagnie. Et entre, encore, je mettrai quelques mots. Vous prendrez bien un ou deux vers ? Angoisse et Silence rient. Jaune. Tant mieux. La vengeance me va bien. C’est tout ce qu’il me reste. Enfin, nous rions ensemble. La journée se passe. Tranquille. Angoisse et Silence font leur vie. Moi la mienne. Seule. On fait avec. On s’habitue. Et on se connaît bien. La routine, quoi. On conjugue ensemble le présent, le passé a fait son œuvre, le futur sera simple. Il l’est déjà. J’ai fait en sorte de.

 

Rayonnement, éclairements, empreintes déclinées jusqu’au fin bout, jusqu’à la limite qui pointe : quelque chose s’étire jusqu’aux bords de la feuille, jusqu’aux bords de la vie ?

 

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Mardi 26 février 2008

L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur
sa dernière phrase. Aujourd'hui encore...


...et dans le même temps que Ludo, j’écrivais moi aussi à partir de :


Effets d'un rêve interrompu

Luigi Pirandello

LGF, 1994


« Le bruit court dans l'assemblée :
- Il y a quelqu'un qui rit.

 


(…)

Sans rien comprendre à ce qui lui arrive, il s'enfuit avec des frissons dans le dos, terrorisé à l'idée que tous les habitants de la ville sont brusquement devenus fous. »


Le bruit court dans l'assemblée :

 

-         Il y a quelqu'un qui rit.

 

-         Qui l’a dit ?

 

-         Jacques a dit : « Il y a quelqu’un qui rit. »

 

-         Si Jacques a dit « Il y a quelqu’un qui rit »,  alors, ça doit être vrai.

 

-         Regarde là-bas, c’est Gros-Jean !

 

-         Ma parole ! Il se prend pour la vache qui rit !

 

-         Oui. C’est outrageant pour l’assemblée…

 

-         Et dangereux. Va falloir agir. Regarde Kiri, maintenant…

 

-         Kiri… Il a mis un nez de clown !

 

-         On n’est pas là pour rigoler, pourtant.

 

-         Manquerait plus que l’autre Pierrot, là, celui qui est toujours dans la lune, ne pète aussi un plomb… Ca ferait encore des histoires…

 

-         C’est ben vrai, ça, père Castor. Manquerait plus que ça…

 

-         Il faut prévenir les autres.

 

-         Dame Carca s’en occupe. Et Frère Jacques s’est réveillé. Ça va pas être pour rien, à mon avis…

 

Pierrot Le Fou, seul dans son coin, écoute, la tête comme toujours un peu ailleurs. La voix de la mère Denis l’a fait sursauter. Puis à la vue de l’assemblée qui se tourne et se dirige à présent vers lui, l’air peu amène, comme pour lui sonner les cloches, il prend soudainement peur. Sans rien comprendre à ce qui lui arrive, il s'enfuit avec des frissons dans le dos, terrorisé à l'idée que tous les habitants de la ville sont brusquement devenus fous.

 

 
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Lundi 25 février 2008

L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur
sa dernière phrase. Aujourd'hui encore...


…Un texte écrit par Ludovic Kaspar

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    Effets d'un rêve interrompu

   
    
Luigi Pirandello

   
LGF, 1994

    Regroupe 12 courtes nouvelles sur 123 pages.

    Nouvelle choisie :  Il y a quelqu’un qui rit

 

 

    « Le bruit court dans l'assemblée :
    - Il y a quelqu'un qui rit.


    (…)

    Sans rien comprendre à ce qui lui arrive, il s'enfuit avec des             frissons dans le dos, terrorisé à l'idée que tous les habitants         de la ville sont brusquement devenus fous. »




Le bruit court dans l'assemblée :
- Il y a quelqu'un qui rit.

 

- Vous en êtes certain ?

- Certain de quoi ?
- Que ce rire provient d’une bouche… de la bouche de quelqu’un !
- Il nous viendrait d’où, hm ?

- Peut-être ce bruit qui court… La course d’un bruit rieur, nous en avons vu d’autres !

- Vous avez raison, il se moque de nous !
- Sus au bruit qui court rit et se moque !
- Attrapons-le ! Mort ou vif !

 

L’assemblée s’élargit. Au crépuscule tous les quelqu’uns, du centre jusqu’aux périphéries de la ville, organisent une battue démentielle pour capturer l’insupportable rire du bruit coureur.

 

Le bruit tente de marcher félin dans les venelles. Il voudrait être un silence muet.
D’autant plus qu’il n’a jamais rit dans l’assemblée…
Il n’était qu’un cliquetis de collier en toc balancé par le mouvement d’un cou
Un cou sur lequel il lui semblait remplir joliment
Sa vie de bruit.

Trop tard, il faut partir avant qu’on ne l’étouffe. Et plus question de courir… Au triple galop !

Sans rien comprendre à ce qui lui arrive, il s'enfuit avec des frissons dans le dos, terrorisé à l'idée que tous les habitants de la ville sont brusquement devenus fous.


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Dimanche 17 février 2008

L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur sa dernière phrase. Aujourd'hui encore...

et dans le même temps que Denis, j’écrivais moi aussi à partir de :


Régis Jauffret. Asiles de fous

 
Gallimard, 2005


« Il faut que je change de lit, de canapé, de fauteuil et que je peigne les vitres pour modifier la couleur du jour. »


(…)

 

« Je suis sûr qu'il est toujours plus ou moins vivant, assez sans doute pour avoir écrit ce roman. »



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Il faut que je change de lit, de canapé, de fauteuil et que je peigne les vitres pour modifier la couleur du jour.

Il me faut d’autres rêves, d’autres assises, d’autres couleurs.

Il faut que je fasse place nette.

Il faut que je gomme mes traits. Que je m’efface. Pour le voir, l’autre. L’autre se cache toujours. Il ferait presque le mort.

J’ai changé. J’ai tout changé.

Ne reste que moi.

Je suis devant le miroir. Tous les personnages tremblent. Je le sens. Ils appréhendent que rien ne soit comme avant. Je le sais.

Je gratte, griffe, arrache, lacère ma peau. Je veux laisser place à son visage. 

Car je suis sûr qu'il est toujours plus ou moins vivant, assez sans doute pour avoir écrit ce roman.


René Magritte
(1898-1967)

La lunette d'approche, 1963

 

 
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Dimanche 17 février 2008


L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur
sa dernière phrase. Aujourd'hui encore...

…Un texte écrit par Denis.



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        Régis Jauffret. Asiles de fous

        Gallimard, 2005


       

        « Il faut que je change de lit, de canapé, de fauteuil et que je peigne         les vitres pour modifier la couleur du jour. »

 

        (…)

 

        « Je suis sûr qu'il est toujours plus ou moins vivant, assez sans doute         pour avoir écrit ce roman. »




Il faut que je change de lit, de canapé, de fauteuil et que je peigne les vitres pour modifier la couleur du jour. Il faut que je soulève ce corps bien trop lourd avec cette conscience qui ne peut plus rien. Une  conscience où palpite encore un petit noyau, qui s’obstine à vivre au milieu d’une masse inerte. J’ai perdu la faculté d’apprécier l’écoulement du temps. Je suis déjà un fantôme, une fumée qui pense.

 

De page en page, j’ai connu la gloire, la misère, J’ai fait l’amour, souvent  et approché  la mort, parfois. Les amis de passage se sont succédé, les ennemis, eux, n’ont pas survécus. Grâce à lui, j’étais comme un dieu, immortel et invincible.

Ma vie est un roman, mais, ma vie ne tient qu’à un roman. De mots, de phrases, d’idées, on m’a nourri. Je suis sortie du néant par la magie de son génie.

Maintenant, le monde où je vis ne me permet plus de voir loin, à peine, la distance à laquelle un écrivain myope apercevrait sa feuille blanche, juste à une portée de plume.

Un mot, une phrase, une idée et tout peut recommencer.  

Je revendique mon existence.

Mon cœur bat encore, pourquoi ne l'entend-il pas ?

Je suis sûr qu'il est toujours plus ou moins vivant, assez sans doute pour avoir écrit ce roman.

Denis
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Lundi 11 février 2008

L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur sa dernière phrase.

Aujourd'hui encore...

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    Patrick Süskind

 

    La contrebasse

 

    Fayard. Livre de poche. 1984

    « Une chambre. »

 

    (…)

 

    « Au même moment, la musique commence : Schubert,             quintette La Truite, premier mouvement. »



 

Une chambre. Elle. L’ennui. L’immeuble si plein et si vide à la fois. Ses yeux. Puis l’angoisse. Qui monte. Le cœur qui bat. Pour rien, elle le sait bien. Elle se le répète tous les jours. Le silence. Trop de silence.  Comment dire autrement : ce silence qui hurle ? Elle pense à Éric. Il a raison mais il ne peut pas savoir ; il sait nager dans ce monde. Même à contre-courant. Elle, pas. Même en courant. Même en se pressant de continuer à vivre. Au même moment, la musique commence : Schubert, quintette La Truite, premier mouvement.



Note de moi : ou comment fiction et réalité se mélangent, hein Éric. Pas ma faute, mais celle de mes doigts...

 
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Mardi 29 janvier 2008

L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur sa dernière phrase.

Aujourd'hui encore, et dans le même temps que Denis, j'écrivais moi aussi à partir de...


William Faulkner

Le bruit et la fureur

Editions Gallimard, Folio, 1972



" A la barrière entre les vrilles de fleurs, je pouvais les voir frapper."

(...)

" La fleur brisée pendait au poing de Ben, et ses yeux avaient repris leur regard bleu, vide et serein, tandis que, de nouveau, corniches et façades défilaient doucement de gauche à droite ; poteaux et arbres, fenêtres et portes, réclames, tout dans l’ordre accoutumé."





A la barrière entre les vrilles de fleurs, je pouvais les voir frapper.

Ben aussi tourna la tête vers les fenêtres fermées. Les sacs accusaient les coups. Nous sentions déjà les odeurs de sueur mélangées à celles du cuir, nous devinions les « han » qui ponctuaient les gestes.

Avec inquiétude, je cherchai le regard de Ben ; lui, le champion, l’invincible, le craint par tous, détrôné par ko il y a trois semaines à peine. A peine. Le mot était faible : ses longues journées avaient eu le goût amer de la stupeur de la défaite - pire qu’un genou à terre mais corps en vrac sur la toile rude du ring, de la tristesse ou de la raillerie sous-jacente des regards croisés, des articles de presse assassins. De l’humiliation Du doute.

Ben, ce soir, remettait pour la première fois les pieds à la salle. Il arracha brusquement une fleur, la brandit vers la lune naissante puis, en me jetant un regard plein de haine, il grinça :

« A partir de maintenant, je tue, sur le ring ! »

Je compris alors qu’il était mort.

La fleur brisée pendait au poing de Ben, et ses yeux avaient repris leur regard bleu, vide et serein, tandis que, de nouveau, corniches et façades défilaient doucement de gauche à droite ; poteaux et arbres, fenêtres et portes, réclames, tout dans l’ordre accoutumé.

 

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Lundi 28 janvier 2008
L'idée est d’écrire un texte à partir de la première phrase d’un livre, pour finir sur sa dernière phrase. Aujourd'hui encore...

... un texte écrit par
Denis, que je remercie d'être là, tout simplement.

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    William Faulkner

    Le bruit et la fureur

    Editions Gallimard, Folio, 1972

   
"A la barrière entre les vrilles de fleurs, je pouvais les voir frapper."

   
(...)

    "La fleur brisée pendait au poing de Ben, et ses yeux avaient repris leur regard bleu, vide et serein, tandis que de nouveau, corniches et façade défilaient doucement de gauche à droite ; poteaux et arbres, fenêtre et portes, réclames, tout dans l’ordre accoutumé."




A la barrière entre les vrilles de fleurs, je pouvais les voir frapper.

Les aboiements de leurs chiens nous parvenaient à chaque instant plus perceptibles.

Avec leur bâton, les hommes de tête frappaient les herbes hautes du marais pour se frayer un chemin. Les autres, suivaient, fusil chargé, doigt sur la détente, près à tirer au moindre mouvement de la végétation.

À moins d'un jet de pierre de nos poursuivants, le mince rideau de verdure n'offrait plus qu'un ultime refuge.

Ben était l’infime grain de sable qui avait enrayé une mécanique trop longtemps éprouvée. Moi, j’étais son ami.

L'ordre des choses avait été rompu.

Dans le lointain, le train pour Kansas City annonçait son passage, il fallait faire vite, il ne s’arrêtait pas. Ici, personne ne s’arrêtait.

Nous quittions notre abri de fortune pour courir à découvert et atteindre la voie ferrée. Le train était proche mais derrière nous, les chiens avaient été lâchés. Les fusils crachaient déjà. Toute une vie allait finir ici, dans le bruit et la fureur.

Il avait seulement fallu que Ben l’étranger au clan découvre l’amour dans les yeux de Rachel. Il avait seulement fallu qu’aujourd’hui, Ben l’étranger au clan décide d’offrir une fleur à son aimée.

L’attente d’un wagon ouvert semblait interminable, mais fut récompensée. Nous étions sauvés.

La fleur brisée pendait au poing de Ben, et ses yeux avaient repris leur regard bleu, vide et serein, tandis que de nouveau, corniches et façade défilaient doucement de gauche à droite ; poteaux et arbres, fenêtre et portes, réclames, tout dans l’ordre accoutumé.

 

Denis
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Je serais vous...

Je serais vous...


j'irais faire un petit tour du côté de chez mimidup...








puisque pour la 3ème année consécutive, À quoi rêvent les filles ? vous invite à participer à son concours d'été. Cette fois, le thème proposé est :


 L A   R É C I P R O C I T É

 

Pour participer au concours, il vous suffit de lui envoyer un texte (poésie, prose, nouvelle, pensée...) avant le 30 juillet 2008

 

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