Samedi 31 mai 2008

Voilà. J’y étais. La porte était devant moi. Close. Telle que je me l’étais imaginée. De bois sombre, et massive. Si lourde, si pleine de silence. Et là, je la contemplais. Si vide.

Je l’avais pourtant tellement cherchée…

J’avais laissé en chemin toutes certitudes, m’étais dépouillé de tout superflu, libéré de tous liens asservissants, détaché de toutes chaînes. J’étais sans doute devenu un homme libre. J’avais bien mérité d’arriver devant cette porte…

Je réalisai que je m’étais aussi dépossédé de toutes illusions.

Je poussai la porte et m’engageai dans le large couloir.

Il y a encore du chemin pour arriver... nulle part.


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Dimanche 25 mai 2008

 

C’est un jour perdu

A regarder des traces

Qui ont piétiné les tiennes

 
C’est un jour demi-tour

Retour sur rien

Retour sur soi

 
C’est un jour taiseux

Les paroles sont sans valeur

Et le silence sans couleur

 
C’est un jour tenace

Qui attendra la nuit

Pour en broyer le noir

 
C’est un jour colère

Un de ces jours

Où tu manques d’air

 
C’est un jour en suspend

Un jour pour rien

Un jour de plus

 
C’est un jour peut-être

Un jour à oublier

Un jour


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Samedi 24 mai 2008

Cent maux

Noir

Sans mots

Blanc

Noir sur blanc

Cliché

Blanc

Suivre la flèche

Retour

Clic

Noir

SUPPR


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Jeudi 22 mai 2008

C’était aussi par une belle journée au bord de l’eau…

 

« Quiiii ?… Qui a poussé Mémé dans les orties ? »

Tante Madeleine foudroyait tout le monde du regard. Un demi-cercle se formait progressivement autour de la grand-mère, tombée assise dans le fossé, tout au fond de son transat : « Oh, ma pauvre fille. .. Ben me v’là toute évaillée... »

Pendant que l’oncle Edouard s’empressait de la relever tant bien que mal, les regards soupçonneux se croisaient. Qui ? Qui donc avait bien pu pousser Mémé dans les orties ?

Une voix claire s'éleva, celle de la petite Lucie :

« Y sont où les orties ?  Ça fait mal, Mémé ? »  Elle reçut un formidable coup de coude dans les côtes par la grande sœur qui lui fit aigrement remarquer que ce n’était vraiment pas le moment de poser des questions aussi idiotes.

Le petit Denis murmura : « Ben, elle est p’têt tombée toute seule...», se prenant aussitôt la torgnole qu’on lui promettait depuis un bon bout de temps.

« Je te l’avais bien dit, aussi, de ne pas l’asseoir près du fossé ! » maugréa l’oncle Edouard.

La tante Madeleine poussa un cri hystérique : « Ah oui ?… Mais si je ne m’en occupe pas, moi, de notre pauvre mère, quiiiii s’en occupe ? »

« Ca y est, la pleureuse reprend du service… » soupira la belle-sœur.  « Mais Robert, va donc chercher la trousse à pharmacie !… »

« Robert fais ci, Robert fais ca ! Tu pourrais pas changer de registre, parfois ? »

« Pff... Quelle famille ! » soupira le grand-père.

 

Et pendant qu’on remettait sur pied une grand-mère finalement hilare, Pépé faisait tranquillement, dans son coin, un arrêt cardiaque.


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Dimanche 20 avril 2008

 

Celle-là pourrait exister. On la taira donc le plus possible.

Méchante, laide et indifférente.

On lui fait éviter cette rue. Éclairée, fréquentée. Elle est de mauvaise humeur. Pas fatiguée, mais malheureuse. Pas pressée de sortir de chez elle pour… mieux nous éviter, mais elle le sait. Elle, n’oublie que ce garçon. A ne pas lui téléphoner, en lâchant, tiens pourquoi, un verre de whisky. Elle descend les escaliers d’une maison délabrée, sort de chez elle. Tension et froideur. Raideur d’une voix, d’un alcool. Déplaisir de l’action. De la précédente gorgée, de l’habituelle solitude. Car le garçon ne va pas venir. Mais nous ne sommes pas là, nous aussi. Se montrer réactif.

On ne regarde pas sa main taper le chat. Sa main épaisse, difforme, qui frappe en hurlant de sales discours sur le dos du chat. On n’écoute pas sa main. Elle ne nous plaît pas. Et on n’entend pas le chat cracher.

Mais on doit attendre. Le cœur mort. Desserrer les dents. S’écrouler, ce n’est pas notre plan, ce n’est pas maintenant. Nos mains n’écrivent pas sa vie. On effleure, on ne la regarde pas se relever à l’ancre du silence, le couteau est retiré. Dans la marge de la page.

 

Aïe…



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Mercredi 16 avril 2008

 

Elle parle. Elle lit. Elle lit. Elle lit. Il pense. Il dort. Il téléphone. Elle écoute de la musique. Il écrit. Elle regarde le paysage. Le train freine. Elle parle. Elle s’est endormie. Il tousse. Elle parle toujours. Elle rit. Le train repart. Elle parle toujours. Elle se réveille un peu. Il me regarde. Il boit. Elle s’est rendormie. Elle parle toujours. Ça s’arrête. Elle parle toujours. Il descend. Elle rit. Le train redémarre.  Elle parle toujours. Elle traverse le wagon. Elle se détourne. Il se gratte le front. Elle se lève. Il la regarde. Elle parle toujours. Elle referme un livre. Elle regarde toujours le paysage. Il me regarde. Le train s’arrête. Elle se lève. Il prend sa place. Elle revient et reprend sa place. Il se mouche. Il se gratte la tête. Le train repart. Elle parle toujours.
Je m’ennuie. Elle m’ennuie. Je vous ennuie.
C’était un voyage sans histoire.

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Dimanche 6 avril 2008

L’histoire de ce jour..., c’est qu’il n’y a pas vraiment d’histoire. Rien à raconter. Tout à questionner. Encore. Il y a un début, à cette histoire, un développement, mais celui-ci ne mène à rien. Pas de happy end, pas de fin du tout. Demain, on prendra les mêmes et on recommencera. On pourrait en faire une histoire triste si on s’apitoyait, une histoire d’horreur si on s’écoutait, un thriller si on se lâchait, voire un essai mais il n’y a rien à marquer. Puisqu’il n’y a rien à dire. L’histoire suit son cours, plus insipide que limpide. C’est un jour comme un autre, une histoire comme une autre, sans doute. C’est à présent l’histoire d’un soir qui raconte un jour sans histoire. On dira the end quand même.


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Lundi 31 mars 2008

Prévoir une assez grande taille de police, parce que je n’écrirai pas grand-chose.

Histoire de ne pas aggraver mon cas, adopter un style gras. Bien gras. Le gras est bon pour une production maigre.

La couleur sera noire. Normal. Idées idem.

Les mots diront le présent.

C'est-à-dire : rien.

J’écris.

Ça se voit, non ?

Mauvaise foi assurée.

Et assumée.

Bien obligée.


 

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Lundi 31 mars 2008










































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Lundi 24 mars 2008



l'œuf

ou la poule

commencement

d'un cercle vicieux

l'homme ou la femme

ont réglé le problème

ils élèvent les poules

en mangent les œufs

une façon comme

une autre d'éviter

de se poser la

question

 


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Pour le livre

Face aux menaces contre le prix unique du livre, les professionnels et les lecteurs se mobilisent

 ici



Je serais vous...

Je serais vous...


j'irais faire un petit tour du côté de chez mimidup...








puisque pour la 3ème année consécutive, À quoi rêvent les filles ? vous invite à participer à son concours d'été. Cette fois, le thème proposé est :


 L A   R É C I P R O C I T É

 

Pour participer au concours, il vous suffit de lui envoyer un texte (poésie, prose, nouvelle, pensée...) avant le 30 juillet 2008

 

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