Dans le train, j’ai eu un trou. Tombée dedans…
Ce trou-là était auparavant tombé lui-même dans les oubliettes d’un trou de mémoire de ma libraire, un peu à l’ouest.
Enfin, j’ai pu le lire, ce trou, dans ce train.
Déjà, le livre est beau. La couverture est illustrée par Émilie Alenda et on peut y toucher du doigt ces lettres en relief :
Ton plus beau costume
ton brouillard préféré
tu les laisseras
au fond du trou
Bon, je n’ai pas de costume. Mais je crois bien que ce n’est pas grave, disons que je vais y mettre ma plus belle robe. Sauf que je n’en ai pas. Bon, disons que j’y laisserai mon vêtement préféré, d’accord.... Quant au brouillard, le temps que j’éclaircisse quel est celui que je préfère, ça va me prendre un peu plus de temps. Histoire de tant de temps.
En attendant, je me suis laissée tomber dans ce trou. Et même avec délectation. Avec concentration. (hum… je le dis, que
j’ai d’ailleurs repéré deux ou trois coquilles ? Bon, je le dis pas fort, parce que l’écriture est trop belle…).
J’avais un peu peur de n’y voir que du noir, j’y ai entrevu pas mal de couleurs. « Ainsi, la question de la chute devient forme d’ascension », dit la quatrième de couverture. Oui…
Ces touts petits poèmes, très minimalistes, sont des condensés de pensées. Libre à soi de laisser les siennes vagabonder ensuite. Le trou, suivi de L’entre-deux et d’Un bout de ciel, trois étapes qui ouvrent bien des horizons, même dans un train.
Le Trou, Thomas Vinau
Éditions du Cygne, 2008
www.editionsducygne.com
Extrait :
La voix du trou
est un mensonge
quand il se taira
tu y chanteras ta musique
Retrouvez Thomas Vinau ici : etc-iste
Dans le train, mon livre était passé dans les mains de ma voisine.



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